On ne va pas se mentir : faire ses rénovations soi-même, c’est tentant. Économies, fierté personnelle, contrôle total sur le résultat… et parfois quelques jurons bien sentis au passage. Mais derrière le marteau et les tutoriels YouTube, il y a une question qu’on oublie souvent de se poser : est-ce que mon assurance habitation me suit là-dedans?
Parce que oui, à partir d’un certain point, vos talents de bricoleur peuvent commencer à inquiéter votre assureur.
Le petit bricolage : aucun souci… ou presque
Repeindre une pièce, changer un plancher flottant, installer des tablettes ou moderniser une cuisine sans toucher aux structures? En général, aucun problème.
Ce type de travaux est considéré comme de l’entretien ou de l’amélioration esthétique. Votre assurance habitation continue de vous couvrir normalement, tant que tout est fait de façon raisonnable.
Dès qu’on touche au « sérieux », ça se complique
C’est ici que ça devient intéressant.
Certains travaux augmentent le niveau de risque aux yeux de votre assureur, surtout lorsqu’ils touchent à des éléments critiques de la maison :
- Électricité
- Plomberie
- Structure (murs porteurs, agrandissement)
- Toiture
- Systèmes de chauffage
Pourquoi? Parce qu’une erreur dans ces domaines peut causer des dommages importants : incendie, dégât d’eau, affaissement… et là, la facture grimpe vite.
Et si les travaux ne respectent pas les normes en vigueur, votre assureur pourrait refuser une réclamation liée directement à ces travaux. Oui, même si vous étiez plein de bonne volonté.
Les travaux sans permis : terrain glissant
Au Québec, plusieurs rénovations nécessitent un permis municipal. Et ce n’est pas une formalité décorative.
Si vous effectuez des travaux majeurs sans permis :
- Vous pourriez être en infraction
- Vos travaux pourraient être jugés non conformes
- Et en cas de sinistre, votre assureur pourrait réduire ou refuser l’indemnisation
Disons que ça enlève un peu de charme au projet « fait maison ».
L’importance de déclarer ses rénovations
Un point souvent négligé : prévenir son courtier / assureur avant les travaux.
Pourquoi? Parce que certaines rénovations peuvent augmenter la valeur de votre propriété, modifier le niveau de risque ou nécessiter un ajustement de votre couverture.
Par exemple :
- Ajouter une salle de bain
- Finir un sous-sol
- Installer un poêle ou un foyer
- Construire un garage
Ne rien dire, c’est risquer de se retrouver mal couvert… au pire moment.
Faire soi-même ou appeler les pros
Soyons clairs : faire ses rénovations soi-même n’est pas interdit. Mais il faut savoir reconnaître ses limites.
Pour certains travaux, faire appel à des professionnels certifiés n’est pas une dépense… c’est une protection.
Les travaux électriques devraient idéalement être faits par un maître électricien. Certaines installations doivent respecter des normes strictes et être inspectées. Et en cas de problème, la responsabilité est plus claire
Le bon réflexe
Avant de commencer vos rénovations, posez-vous ces trois questions :
- Est-ce que ces travaux touchent à un élément critique de la maison?
- Ai-je besoin d’un permis?
- Mon assureur est-il au courant?
Si vous hésitez, c’est probablement le bon moment pour poser la question.
Faire ses rénovations soi-même, c’est valorisant. Mais en matière d’assurance, ce n’est pas juste le résultat qui compte… c’est la façon dont vous y êtes arrivé.
Un projet bien planifié, conforme et déclaré, c’est la clé pour éviter que votre rêve de rénovation ne se transforme en cauchemar administratif.